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Grandes dames, monuments français et autres personnages

Julia bonilla

Julia Bonilla est bachelière de l’année. Elle a quitté sans se retourner le lycée Martin Luther King de Bussy- Saint-Georges pour intégrer à Paris la première promotion de W, une école post-bac lancée par le Centre de Formation des Journalistes. W forme aux métiers «de contenu» qui n’existent pas encore. C’est ça qui lui plaît, et c’est dans ce cadre qu’elle a participé à la Live Mag Académie. Aux dernières nouvelles, elle voulait travailler dans le monde du rap, enfin avec des rappeurs… mais à 19 ans tout est possible, non ? D’ailleurs, il y a une semaine, elle ne savait pas qu’elle monterait ce soir sur la scène d’un théâtre.

Lisa davet

Lisa Davet est étudiante, bachelière 2016. Elle a intégré l’an dernier la première promotion de W, une école post-bac lancée par le Centre de Formation des Journalistes, qui forme aux contenus numériques et aux métiers qui n’existent pas encore. C’est dans ce cadre qu’elle a participé à la Live Mag Académie. En cette rentrée, elle fait un stage à La Poste, auprès du Directeur de la Prévention des Incivilités, un métier dont on ne savait pas nécessairement qu’il existait. Aux dernières nouvelles, elle voulait travailler dans l’humanitaire. Ou devenir journaliste. Ça tombe bien, vingt ans c’est l’âge des possibles.

Martin girard

Martin Girard est étudiant. Après avoir fréquenté la fac de psycho à Toulouse, la fac de sport à la Réunion et envisagé de faire carrière comme agent de sécurité, il a trouvé sa voie en intégrant la première promotion de W. C’est une école post-bac lancée par Abilways, dirigée par l’équipe pédagogique d’une grande école – le Centre de Formation des Journalistes – qui forme aux contenus numériques et aux métiers qui n’existent pas encore. Cet été, il fait un stage en communication chez Fabernovel Innovate. Aux dernières nouvelles, il se destinait au marketing digital. Ou à la communication. Ou au journalisme. Ça tombe bien, 20 ans c’est l’âge des possibles.

Eva joly

Eva Joly est magistrate et femme politique. Dans sa vie, elle a exercé plusieurs métiers : jeune fille au pair dans une famille française (dont elle a épousé le fils aîné), décoratrice (pour subvenir aux besoin de leur ménage). Elle s’est aussi distinguée : troisième place au concours de Miss Norvège (à 18 ans), concours (réussi) d’entrée à l’école de la magistrature (à 38 ans), prix de l’intégrité par l’ONG Transparency International (en 2001), prix de l’humour politique (pour une très bonne blague sur Dominique Strauss-Kahn). Elle a instruit des affaires : Bernard Tapie vs Crédit Lyonnais, Elf, les frégates de Taïwan et l’affaire Dumas-Deviers-Joncour. Elle a conseillé : la Norvège (dans la lutte contre la corruption), un président malgache (réputé corrompu) et l’Islande (en enquêtant sur la crise financière en 2009). Elle a été candidate écologiste (à la présidence de la République française en 2012) et élue (au parlement européen, deux fois). Elle a écrit 11 livres, et fait l’objet de deux autres. En ce moment, elle est avocate.

Anne-sarak kertudo

Anne-Sarah Kertudo est juriste, directrice de l’association Droit Pluriel “pour une justice accessible à tous“. Elle vient de réaliser pour France 5 Parents à part entière où elle tente de répondre à la question : “Comment protéger son enfant si on ne voit pas les voitures arriver au moment de traverser ?“. Cette histoire, c’est la sienne. Elle a également publié Est-ce qu’on entend la mer à Paris ? Histoire de la permanence juridique pour les sourds. Ce service de la Ville de Paris, gratuit, unique en France, c’est aussi son histoire. Elle l’a créé pour permettre à ceux qui ne parlent que la langue des signes de respecter l’adage “nul n’est censé ignorer la loi“. Son adage à elle, c’est “il n’y a pas de honte, rien n’est grave, sauf peut-être de ne jamais être soi“. Elle est l’héroïne d’un roman de Mathieu Simonet. Le titre : Anne-Sarah K.

Martial ledecq

Martial Ledecq est chirurgien. Pendant 25 ans il a exercé son métier – la chirurgie vasculaire et thoracique – sous les scialytiques bien réglés du bloc opératoire de l’hôpital de Libramont, le plus important de la province du Luxembourg. Puis un jour, il devient volontaire pour MSF. Son Manuel de chirurgie humanitaire, publié en 2013, s’adresse, nous indique la jaquette, “également au médecin qui, dans la solitude d’un hôpital de district, doit faire face aux urgences chirurgicales“. Une pensée pour les médecins de campagne de son enfance? Peut-être. Il a passé presque deux ans aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan, d’un côté et de l’autre de la passe de Khyber. Là, il a vu la guerre dans la chair des enfants. Depuis il dit des choses comme : “La mort est un meurtre“. Récemment, en Syrie, il a opéré dans une usine de poulets désaffectée, une mosquée et une grotte.

Margaux magnan

Margaux Magnan est étudiante à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. A 25 ans, elle a déjà exploré trois voies, trois vies : la photographie (elle est passée par deux écoles d’art, l’École de Condé et l’École Boulle) puis l’humanitaire (elle a travaillé au Népal et au Sri Lanka) et enfin, le journalisme. Ouf ! C’est son père qui était content que ça se termine : à ”bac+7”, comme il le lui a fait remarquer, elle aurait déjà pu être médecin. Sinon elle aime voyager seule (elle a passé deux mois sur un caillou de 25 km2 dans la mer du Japon). Et elle aime lire. Sa bibliothèque compte 500 ouvrages entassés dans son petit appartement du Vieux-Lille.

Mireille majerczyk

Mireille Majerczyk est directrice “Mobilisation”, autrement dit numéro 2 chez RKH Qitarat : R pour RATP Dev (activités hors Ile-de-France), K pour Keolis et H pour Hamad. La joint venture – constituée donc d’un groupe qatari et de deux entreprises françaises habituellement concurrentes – est en charge du futur métro automatique de Doha (75 km, 37 stations) et du futur tramway (18 km, 25 stations) de Lusail, ville elle aussi en construction, qui accueillera le match d’ouverture et la finale de la Coupe du monde de football en 2022. Ce sera un métro sans conducteur, comme la ligne 14 à Paris – ligne dont Mireille Majerczyk a été directrice pendant deux ans. Elle avait auparavant dirigé la ligne 12 et été présidente du club Janvier – un groupe informel qui regroupe les 55 directeurs d’unités opérationnelles. Aucun de ces postes n’avait jamais été occupé par une femme. Pionnière, vous avez dit pionnière ? Pour elle tout avait commencé par un master en informatique dans une école d’ingénieurs, l’INSA Lyon.

Celine nieuwenhuys

Céline Nieuwenhuys est secrétaire générale de la Fédération des services sociaux, qui représente une centaine d’associations et un millier de travailleurs sociaux en Wallonie et à Bruxelles. Son équipe de 35 personnes se bat contre la précarité (et ce qui la provoque) et tente d’assurer l’accès “au minimum minimorum” autrement dit les droits fondamentaux. Elle utilise parfois l’expression “vies tordues” pour désigner les familles monoparentales, les clandestins, les travailleurs au noir, les petits retraités, les sous-payés … qui forment les 16,8 % de pauvres que compte la Belgique. Mais ça c’était avant la crise. La pandémie a propulsé des centaines de milliers de gens – étudiants, indépendants, intérimaires – de l’autre côté de la précarité, dans la vie à l’euro près.

Nathalie rykiel

Nathalie Rykiel est écrivain, après avoir dirigé une maison de couture pendant 20 ans. Elle a été directrice générale, directrice artistique, présidente, et vice présidente du conseil d’administration de Sonia Rykiel, à la fois affaire familiale et marque globale – 30 pays, 65 boutiques, 80 millions de chiffre d’affaires – tellement globale que c’est un groupe chinois qui finira par l’acheter. La grande aventure de la vie de Nathalie, ça a été sa mère. Elle lui a offert le plus enchanté des anniversaires (un défilé immortalisé par Loïc Prigent, en 2008), elle vient d’inaugurer une rue qui porte son nom (l’allée Sonia-Rykiel, une première à Paris pour une figure de la mode). Et elle continue d’en faire des livres, dernièrement Ecoute-moi bien (chez Stock). Son autre aventure a été de s’inventer, elle aussi, en femme libre. Tour à tour mère parfaite, parfaite amoureuse (la lingerie, les sex-toys, Les Grands classiques de la littérature libertine en 20 volumes, c’est elle) et femme de tête. Le plus intéressant, naturellement, c’est de mélanger toutes ces vies, toutes ces femmes, en une «Mets tes talons les plus hauts, tes chaussures les plus rouges, viens, on danse maintenant».

Caroline scholtes

Caroline Scholtes est responsable médicale chez MSF, pour qui elle a effectué une douzaine de missions, tour à tour anthropologue, in rmière et membre du pool d’urgence. Son CV se lit comme une litanie des malheurs du monde : choléra (Zimbabwe et Ethiopie), rougeole (Burkina Faso et Congo RDC), tremblement de terre (Haïti), Ebola (Guinée et Libéria), guerre (Centrafrique et Soudan du Sud). C’est gai. Plantons le décor. Au hasard : le Soudan du Sud en 2013 : une plaine – le Jonglei – grande comme quatre fois la Belgique, sans une seule route. Quelques villages accessibles par hélico. Au milieu de l’un d’entre eux – Gumuruk – le centre de santé MSF. Et là : Caroline et ses équipes. Tout autour, invisible, la guerre. Soit vingt mille familles terrées dans la brousse, sans bêtes, sans rien, la peur au ventre. Commentaire de Caroline : ”Dans mon métier, je me sens utile”. On la croit sur parole.

Sebastian spencer

Sebastian Spencer est médecin-urgentiste. Il a alterné les missions lointaines (Tchad, Centrafrique, Zimbabwe, Haïti) avec des postes ici. Il sait gérer un service hospitalier de 500 lits. Il sait prendre en charge des victimes d’attentats (le 22 mars 2016, il était à son poste de chef à la clinique Saint-Jean). Il sait aussi diriger l’un des cinq centres opérationnels de MSF dans le monde (Bruxelles rayonne sur environ le tiers des activités globales de MSF). Et quand il ne sauve pas des vies, il continue à apprendre : il vient de décrocher un MBA à la Vlerick Business School de Gand. C’est fort utile pour administrer le chaos ici et là-bas.

Marie-josé tubiana

Marie-José Tubiana est ethnologue, chercheuse honoraire au CNRS, auteure de six ouvrages sur les peuples – tantôt sédentaires (Furs, Zaghawas, Massalits), tantôt nomades (d’origine arabe) – des confins du Soudan et du Tchad. Tout a commencé en 1945 : la jeune Marie-José Pénissou, bachelière de l’année, obtient de l’université de Bordeaux de créer spécialement pour elle un département d’ethnologie, pour retarder son départ à Paris. Elle intègre finalement le Musée de l’Homme, l’année de ses 23 ans. Ses maîtres s’appellent Claude Lévi-Strauss, Jean Rouch et Michel Leiris. Ses terrains ? Les hauts plateaux de l’Ennedi et du Ouaddaï, et le Darfour (son désert, sa savane et son djebel qui culmine à 3000 mètres). Elle les arpente avec son mari ethnologue pour en décrire précisément les systèmes économiques et sociaux. Et qui garde les enfants ? Le temps d’une année scolaire, elle les confiera à l’institutrice. Sans rancune aucune, son fils Jérôme Tubiana est devenu docteur en études africaines, journaliste et analyste spécialisé dans les conflits et groupes armés. Son terrain de prédilection : le Darfour.